Thérapie du parapente

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mdr Thérapie du parapente

Message  sergeye le 31/7/2019, 14:52

Thérapie du parapente  608528 Thérapie du parapente  608528 Thérapie du parapente  608528 bravo pour ce recit lu dans LCV que je me suis permi de copier coller
émouvant, tres bien écrit ,savoir rester fort quand ça va mal ,la passion ça aide,c'est génial

Avez-vous déjà remarqué quand, au passage de la nouvelle année, on se souhaite “une bonne santé” sans vraiment trop y penser ? Ça m’a frappée pour la première quand j’ai souhaité la bonne année à des proches ayant de sérieux problèmes de santé. Cette formule usuelle est usitée “bonne année, bonne santé” “Haha et en plus ça rime” cling cling on trinque et on continue notre tour de voeux, cette formule m’a soudainement parue très inappropriée. Peut-etre que cette année on m’a souhaité une bonne santé sans trop y croire… Pourtant, “la santé c’est le plus important !” Il suffit de ne plus l’avoir pour le savoir. Curieux apprentissage. Douloureux aussi. 2019 est une année compliquée pour moi. C’est pas comme si je buvais la tasse pour la première fois. Cela fait cinq ans. Printemps 2014, mon arrivée en Italie et le début des problèmes. Devenue fragile, souvent malade, tout le temps fatiguée. Printemps 2014, la chute, Automne 2016, le diagnostic. Entre les deux une rupture amoureuse, des crises de “sciatique”, l’errance du diagnostic, une belle rencontre, et beaucoup d’IRM. Et depuis ? Eh bien 2019 est l’année des essais thérapeutiques qui ne marchent pò ! Pire ils ont des dommages collatéraux hautement débilitants, dont la disparition de mes globules blancs.
Je voulais parler de parapente et je me retrouve à commenter mon carnet de santé, faut dire que mon état de forme influence fortement mon activité volante. Cela fait deux jours que je suis enfermée a casa à cause de cette chaleur qui m’affaiblit encore plus, et je jette un oeil un peu frustré à la saison qui vient de s'écouler. Allons allons, cette année 2019 est également marquée par mon nouveau statut d’aspirant-biplaceur (youpiii) et le passage sous une voile plus perf, la magnifique Queen2 (evvivaaa).

Queen2, galop d’essai.
J’ai eu la chance de pouvoir tester la voile pendant une semaine. Et j’en ai fait des choses avec elle. Premier vol dans le bocal de Saint-Hil, la voile me plait, n’est pas trop déstabilisante par rapport à la Rush mais les conditions sont plutôt stables et c’est dur de se faire une idée précise de son comportement, surtout quand ça tabasse. Deuxième vol au départ de Planpraz Chamonix, la France entière est là ou presque, je survole le Mont-Blanc avec la belle, les conditions sont extraordinairement douces, j’ai l’impression d’être juste une grosse grosse grosse veinarde. “En manque cruel de globules blancs mais au dessus du Mont-Blanc”, déclarai-je à la radio, revancharde, heureuse, un peu sous le choc aussi… je pense que je me rappellerai toute ma vie de cette vague d’émotions qui m’a envahie quand, en regardant le vario et en regardant autour de moi, j’ai compris que j’allais survoler le Géant des Alpes. Journée exceptionnelle pour les gros chanceux qui ont pu en profiter. Le soaring sur les parois de granit accessibles uniquement aux alpinistes chevronnés sera pour moi un moment de kif absolu. Un rêve éveillé. Mais revenons à son altesse, qu’est-ce qu’elle a dans le ventre sa majesté ? De ce point de vue, le survol du toit de l’Europe n’a pas été très informatif. La décision est prise de l’emmener en compétition à Bourg-Saint Maurice, là-bas il y a de gros thermiques et de la brise, un contexte idéal pour tester la voile. Deux manches courues dont une bouclée à 30,5 km/h de moyenne, du thermique velu, de la brise soutenue, une accélération jouissive, et je repars avec une première place féminine et un top 10 au général, je suis conquise. Débriefing avec Vincent et passage de la commande, l’aile est en stock en Slovénie… Merci Alpyr!

Son altesse sérénissime arrive au château.
Le luxe absolu de recevoir une voile neuve. De déballer le paquet, de fourrer son nez dans un bord d’attaque immaculé et de respirer cette odeur de plastique si particulière. C’est Noel avant l’heure ! La Rush dort désormais sur le canapé, la Queen dans mon lit, aie aie aie bataille de succession, on ne veut froisser personne ici ! Direction la pente école de l’Aigle pour faire du gonflage avec les copains, Anouk hérite de la Rush, je fais danser ma reine. Le vent n’est pas franchement aidant, il change de direction et d’intensité en permanence, j’ai vraiment du mal à faire une belle séance de gonflage proprement dite, l’allongement de la voile me frappe, comme si je ne l’avais jamais vraiment remarqué avec la voile d’essai. Oh mon Dieu, suis-je digne d’une telle Queen ?

Vol inaugural.
Pour inaugurer ma Rush, et comme j’habitais Trento à l’époque, j’avais eu l’immense plaisir de décoller de Passo Sella, au dessus de Col Rodella et de survoler les plus belles montagnes au monde, les Dolomites. Une fois propriétaire de la Queen, je sentais qu’il fallait pas déconner et je me devais de réaliser faire un vol inaugural digne de son rang. Il fut décidé de partir de la Sambuy. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce déco bucolique se trouve au dessus du col de Tamié (fromaaaage) et donne accès aux faces Est des Bauges. Pour ce vol très symbolique, j’avais la chance d’avoir à mes cotés Mans, Lily et Pierre.

On laisse les voitures à l’atterro, montons en navette au pied de la station où on prend un télésiège pas pressé qui nous amène au déco. Rien que pour la vue, il faut aller au moins une fois à la Sambuy : on distingue le lac d’Annecy sur notre droite avec au loin les dents de Lanfon, la Tournette en face, la montagne de Sullens (pitstop thermik) et les Aravis sur notre droite. Nous nous préparons consciencieusement et décidons le plan de vol du jour : tout va dépendre des plafonds ! Ils ne sont pas annoncés très hauts mais devraient nous permettre une fois arrivés au Sud des Bauges de transiter vers la Chartreuse, là, on aimerait descendre jusque la Bastille puis remonter et boucler, cela représente un long et beau parcours avec la traversée de la vallée de Chambéry à l’aller et au retour (!) j’aime l’idée mais en serais-je seulement capable ? L’envie, elle est bien là, et je sais que j’ai à mes cotés de bons compagnons de cross pour réussir cette entreprise mais, au fond de moi, je sais aussi que dernièrement mon état de forme me permet de faire des vols de 3h environ, pas beaucoup plus… Aujourd’hui ma motivation est telle que j’espère secrètement qu’elle me permettra de dompter ma fatigue physique. Fingers crossed! Avec la voile en bouchon, nous nous dirigeons vers l’aire de décollage plutôt étroite, où l’on peut décoller les uns derrière les autres. Oh God, je suis la dernière à pouvoir étaler ma voile, qu’est-ce qu’elle est blanche, qu’est-ce qu’elle brille ! Face à son altesse sérénissime, je tremble comme une feuille. Qu’ai-je fait ? Où est passée ma petite Rush toute ronde, qui est cette grande maigre qui attend mon impulsion. J’attends la bouffe, je n’en mène pas large. Un type vient me déranger dans ma bulle ? Quel est mon plan de vol du jour ? Comment fait-on pour rentrer dans les Bauges ? Oula garçon tu vois pas que je suis sur le point de décoller avec son altesse et que j’ai autre chose à faire que de t’expliquer la brise qui sévit au roc des boeufs ? Mes mains tremblent, je suis confuse, je réussis quand même à lui dire que dans un premier temps, l’objectif c’est de rejoindre la dent de l’Arclusaz, et là en fonction des plafonds se décidera la suite du vol.

Je suis airborne comme diraient les English. Allons allons la Queen est un parapente comme les autres me dis-je. Je m’installe confortablement dans ma sellette et en avant Guingamp. Je suis super tendue, la garde des freins n’est pas la même que sur la Rush, je suis tendue, je suis paumée. Je repère mes compagnons de vol parmi les voiles multicolores qui survolent déjà les verts alpages. Je décide de m’avancer un peu, mon expérience récente du site me laissant penser que je peux trouver mieux sur la crête qui fait face à la belle Etoile. Allez c’est parti, à l’attaque des faces Est des Bauges, je prends la tête des opérations, Pierre juste derrière plus haut, Lily et Mans plus bas mais pas loin. Désormais cette partie de vol est une formalité et c’est tant mieux car il faut que je m’habitue à mon aile de rang royal, je suis tendue comme un string ! Obligée de me répéter, “Mathilde tu as volé avec à BSM tu te souviens ? La brise, les boulets de canon ? Tu as volé avec elle et ça s’est très bien passé donc tout ira bien” je progresse rapidement jusqu’à rejoindre l’Arclusaz, contournement de nuages, tiens un hélico au dessus de la croix, je préviens en radio et je dégage.

Bon, ce que je vois ne m’inspire pas vraiment, la hauteur des nuages surplombant Montlambert et consort n’est pas oufissime, pas sure qu’on soit en mesure de transiter. Une chose à la fois me dis-je et en route pour rejoindre le territoire des indiens, je me retrouve à transiter avec une voile très allongée (Enzo ou Zeno), y’a pas à dire ça va vite ces bécanes là ! Mais une fois dans le thermique de l’autre coté, on fait déjà plus jeu égal. On progresse sur les crêtes au dessus de Montlamb, rejoints par d’autres Gus en Zeno/Enzo. On prend des thermiques assez violents mais qui ne nous remontent pas tant que ça, on s’avance même un peu vers la plaine pour trouver mieux, on se surveille les uns les autres, on prend du gaz mais c’est toujours pas satisfaisant. En radio, j’entends que Mans, Pierre et Lily sont dans le secteur, allez on se retrouve tous au-dessus du Pic de la Sauge “en voilà un groupe homogène !” s’exclame Aurélie, elle a bien raison et c’est trop cool d'enrouler dans le même thermique tous les quatre. On doit faire au moins 2000 pour pouvoir transiter, c’est la théorie qui le dit. A ce moment là, Lily est la plus haute, presqu’au nuage, à 1900 et des brouettes, Mans l’encourage “tu n’es pas encore au nuage ça va le faire” ! On est tous là à tourner en essayant de se rendre plus léger dans la sellette pour passer la barre fatidique des 2000m, et moi qui stagne à 1950... 50 mètres, c’est trop bête ! Pierre me semble plus haut mais plus derrière aussi… Mans lance le départ, “je suis à 1975 mais ma voile est plus perf, je vous conseille de faire 2000 !” Il file comme une arbalète, bientôt suivi de Lily et moi dans tout ça ?! je retiens ma respiration, flirte avec le nuage voit 1999m s’afficher sur mon instrument et boum, je pars également ! Aurélie est toute stressée et on a la chance d’avoir un ami à elle en radio, un inconnu (pour moi) à la voix douce et rassurante qui nous explique qu’il faut viser le lac X au milieu de vallée “tu sais là où Maud a acheté une maison” Je ne connais ni l’un ni l’autre mais je vois le lac, yihaaa, une fois passée le lac viser le petit village juste au dessus de Chapareillan. Avec Lily on se rassure mutuellement en radio “là, en théorie, ne cherche pas à enrouler, laisse-toi pousser par la brise, tu vas marsouiner et, piano piano tu reprendras du gaz sur les avant-reliefs de la Chartreuse.” Explosion de pom-pote pour fêter ça, Pierre à la radio semble hésiter mais Lily et moi l’encourageons “we leave no man behind” s’égosille Lily, allez le groupe allez allez ! Mans file à la vitesse de l’éclair et c’est ma foi bien pratique pour voir où il raccroche, ça colle bien à la théorie, ouf ! J’arrive avant Lily (Queen>Swift), je me laisse pousser par la brise, et un peu plus loin j’enroule : ça y est 1200 au dessus de Saint Marcel = transition réussie, youpi !

Mans devant, Aurélie en retrait, on avance. Pierre est resté derrière, il dit qu’il est bas, qu’il va poser. Mec ! A 20m/sol t’es encore en vol comme dirait mon Grand Maitre du Ciel ! En parlant de mètre/sol, je suis pas un peu basse là… Aie aie aie, il va falloir remonter si tu veux pas finir en vallée, je fais du soaring sur une arrête, pas assez de marge pour enrouler, tant pis je fais des huit, ça me semble durer une éternité, je ne monte pas vraiment, mais ne descend pas non plus. La joie du cross ! Reste là, applique-toi, ça va finir par sortir, une Swift rouge me nargue une cinquantaine de mètres plus haut… mon activité d’essuie glace porte ses fruits et bientôt je peux faire un tour complet, faut pas se relâcher, faut rester dedans et monter. Le thermique devient de plus en plus fort, et il ne semble pas tout seul le bougre, je suis sur un champ de mines, je le sens avec la voile mais aussi parce que je constate que la Swift n’enroule pas le même noyau que moi. Attention faut rester dedans… et tout à coup VLAMM! Grosse fermeture! Wowowowowowow on se calme ! Je pilote et frondeuse, ré-entre dans le thermique aussi sec, en enroulant dans l’autre sens, non mais ho ! J’ai un peu la tremblote mais je m’applique, je commence à avoir une hauteur convenable au dessus du plateau, et là je parviens à me détendre grâce à un quiproquo à la radio ^^, nous sommes sur la fréquence du club donc des voix connues nous parviennent, des pilotes partis de Saint Hil qui se dirigent vers le Granier, Clémence pense parler à Bernard sauf qu’elle s’adresse en réalité à Pierre qui lui croit questionner Aurélie. Dialogue improbable “je suis au col de Marcieux” “le col de quoi?” “Marcieux” “mais où se trouve ce col?” Silence, Clémence a du comprendre qu’il ne s’agissait pas de Bernard qui connait parfaitement qui et où se trouve le dit-col de Marcieux, ce dialogue de sourd qui me fait rire pendant que j’enroule mon thermique énervé, se révèle parfait pour se détendre Clin d'oeil je surveille du coin de l’oeil une M6 violette, positionnée sous les grosses falaises, son thermique devrait pouvoir me rapprocher des hauts reliefs... Ho! Mais qui va là? Une Swift bleue, cette sellette… serait-ce ma copine de vol? Impossible me dis-je j’ai perdu trop de temps dans mon trou, Lily doit être bien plus devant… mais le doute persiste, je me saisis de la radio et demande pleine d’espoir “c’est toi Lily qui enroule avec la M6 violette ?” Réponse immédiate à la radio “ouiii ! Bien joué copine, lâche rien !” Je la rejoins trop heureuse de l’avoir retrouvée… et comme si ce tableau n’était pas complet, qui arrive par derrière, perché sur les hauts reliefs : Pierre !!! Le dernier survivant ! Comme c’est bon de revoir mes compagnons de vol ! Ne manque que Mans à ses retrouvailles célestes, mais avec sa M7, il a vraiment pris la poudre d’escampette.

Nous progressons vers le Sud, Pierre ne se place jamais comme moi je le ferai, je l’ai déjà constaté plus tôt dans le vol et c’est drôle de se dire qu’on n’a pas du tout les mêmes trajectoires, mais qu’on finit toujours par se rejoindre à un moment ou un autre. Je commence à sentir la fatigue s’appesantir sur mes épaules et je dois me faire violence, allons Mathilde, tu vas au moins jusqu’au Saint Eynard ! Je débusque un chamois et cette rencontre impromptue me redonne de l’énergie. Cette fois je suis devant Pierre et Aurélie, Mans ne répond plus à la radio, et même si j’essaye de me convaincre que c’est juste parce qu’il est loin, au vue de l’activité thermique punchy du jour, je ne peux pas m’empêcher d’avoir le coeur serré à l’idée qu’il lui soit arrivé quelque chose. Régulièrement je lui indique notre position dans l’attente d’une réponse de sa part. Quand j’arrive sur le Saint Eynard, j’ai non seulement la joie de l’entendre à la radio mais également de le voir revenir du Rachais, youhouhouhou l’équipe est au complet ! On fait également un point au dessus du Rachais puis demi-tour, on réattaque la Chartreuse mais dans l’autre sens, c’est reparti ! Tandis que je progresse vers le Nord, je fais le point. Les nuages qui coiffent l’intérieur du massif me semblent bien gros, mais quand je consulte Bernard (et non Pierre Clin d'oeil qui est en Belledonne en face, il me rassure, pas d’enclume en formation. De mon côté, comment ça va ? Je suis morte. Honnêtement je suis cuite de chez cuite, et quand je pense à la remontada jusqu’au Granier, ...la perspective de re-transiter au dessus de Chambé, ...puis les Bauges ...pour retrouver le pays d’Heidi et ...l’atterro de la Sambuy, ça me parait juste mission impossible. En plus, Mans à la radio dit que c’est galère-galère au niveau de la Dent de Crolles, qui est effectivement passée à l’ombre des nuages qui choufleurisent au dessus de nos têtes…

Je rejoins la belle endormie sans trop y croire, je suis à ses pieds en compagnie d’un biplace, on lutte un peu. En plus en bi, pas facile d’enrouler maintenant je le sais (étant devenue moi-même pilote de biplace) et je le plains quand petit à petit je m’en sors et lui non. C’est extrêmement faible. Dans mon dos, Pierre s’en tire mieux depuis le bec Charvet et passe à l’Ouest comme Mans qui l’a annoncé en radio un peu plus tôt. Désormais plus haute, je m’avance moi aussi de ce côté-ci de la Dent, survole un trailer, pensée pour mon frérot, je me maintiens dans du dynamique qui sent l’herbe chaude, c’est délicieux ces thermiques odorants (mes préférés sont ceux qui sentent le pin mais le thermique d’alpage n’est pas mal non plus, par contre celui qui sent la bouse de vache… pouah!), je sais que je pourrais basculer sur la Scia, je sais qu’on n’est jamais déçus du thermique de la Scia, je vois bien que les faces Est sont à l’ombre et qu’il faut basculer à l’intérieur du Massif pour espérer continuer le vol. Mais je n’en ai plus la force. Par deux fois je m’avance timidement pour basculer, par deux fois je renonce, je vois Aurélie qui arrive par le Sud et ne passe même pas par la Dent, je ne parviens pas à me résoudre à la suivre. Je suis trop fatiguée, je ne suis pas sure d’être en mesure de gérer la suite du vol, et je ne veux pas prendre le risque de me vacher de ce côté alors que l’atterrissage de Lumbin est à portée de plumes. Je débranche le cerveau et surfe avec les chocards sur l’éperon Sud, je suis seule à caresser cette dentelle de calcaire, seule pour admirer les acrobaties de mes amis à bec. Je contemple la Dent, cette alternance de roche et de prairies, je me laisse glisser en face Est puis vers la vallée. L’air est calme, je suis en paix. En plus, Clémence à la radio a dit qu’elle était posée en bas et nous attendait pour la bière. Je suis consciente d’avoir été victime du "syndrome de l’atterro”, je sais que j’ai manqué de courage à ne pas basculer sur les faces Ouest mais j’ai également conscience de toute cette fatigue qui s’est emparée de moi. Sono alla frutta comme on dit en Italien, je-n’en-peux-plus. Alors oui, j’ai abandonné mes compagnons de vol mais je l’ai fait au nom de ma propre sécurité, et je savoure ces dernières minutes de vol, sans objectif autre que de rentrer à bon port. Je pose à Lumbin. Mon Dieu, comme je suis fatiguée. Me désharnacher, sortir de la sellette, vider mon ballast, chaque geste me coute un effort immense. Je suis exsangue. 4h40 de vol ! On est effectivement bien au delà de du timing de mes dernières sorties.

Mes courageux compagnons ont rejoint le Granier, apparemment dans la douleur, puis ont transité sur les Bauges, Aurélie ne passe pas la Savoyarde et les deux autres se tanqueront un peu plus loin… Aillon-le-jeune ça vous parle ? Clin d'oeil Bravo à eux, qui, malgré l’heure tardive, y ont cru jusqu’au bout.

Ca y est, ma Queen2 est inaugurée, et de la plus belle manière qui soit. Avec un beau vol, de belles montagnes, des moments partagés, beaucoup d’émotions, de luttes intestines, des points hauts et des points bas, et toujours, (toujours !) ce plaisir incommensurable de voler. Magique.

Merci à mes compagnons de vol du jour. Merci 777 pour la petite merveille qu’est la Queen2, merci Alpyr surtout ! J’ai toujours pas de globules blancs, ma saison n’est pas exactement celle que j’espérais. Mais je suis bien entourée et je pratique une activité merveilleuse qui permet de m’élever au sens propre et au sens figuré, d’entrer dans un autre espace temps, d'oublier les prises de sang, de me concentrer sur mon placement, d’admirer la Nature qui nous entoure, et de me sentir vivante tout simplement.
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mdr Re: Thérapie du parapente

Message  jmvdbk le 31/7/2019, 22:10

@ Serge
merci,
mais tu aurais pu seulement mettre le lien, ceux qui ne sont pas inscrits sur le cdv aurait pu lire, et ceux qui sont inscrits aurait pu mettre un encouragement à cette Mathilde planante sans globule
Thérapie du parapente  501642

je vais essayer de retrouver pour la remercier de son récit
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mdr Re: Thérapie du parapente

Message  francky le 3/8/2019, 08:37

Super...! Thérapie du parapente  157195 Thérapie du parapente  204622 Thérapie du parapente  501642
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